Le « féminicisme », comme l’islamisme, est un totalitarisme

A passionate rally with women holding feminist symbols advocating for rights.
Les totalitarismes en rhizome  

Après « le féroce XXe siècle[1] » avec le bolchevisme russe (et ses différents avatars, soviétiques, asiatiques et cubain) et les fascismes (mussolinien originel, nazi, oustachi ou roumain, latino-américains et salazariste ou franquiste), le XXIe siècle inaugure les totalitarismes « du troisième type ». Ces totalitarismes présentent une structure non plus essentiellement pyramidale mais rhizomique, non plus verticale mais horizontale, non plus à fondement national mais transnational, et sont autoalimentés par la synergie de réseaux d’acteurs multiples et mouvants[2]. Mais la plus remarquable des innovations de ces différents totalitarismes en rhizomes, c’est de converger, de se recouper et de s’articuler entre eux, par-delà leurs contradictions. Ainsi, peut-on voir de prétendues féministes approuver l’injonction foncièrement misogyne du voilement des femmes, des militants LGBTQ++ soutenir le Hamas qui pourtant persécute les homosexuels, ou encore communier dans la même croyance de la fragilité féminine, celles qui affirme la différence radicale des sexes pour dénoncer les hommes comme des violeurs, et les partisans du transgenrisme qui réactivent les stéréotypes de genre pour nier l’existence de deux sexes différenciés.

La visée totalitaire de l’islamisme est patente. Projet global révolutionnaire, « total », l’islamisme connaît des niveaux divers de développement et d’accomplissement[3], visant à la fois à réislamiser les musulmans (ou tous ceux assignés à cette identité supposée) et à islamiser l’ensemble des sociétés non historiquement situés dans la sphère culturelle influencée par l’islam. « Le concept d’islamisation est le fils légitime des Frères musulmans qui en ont fait le pilier central de leur idéologie de domination des esprits et de conquête des territoires (Tamkine)[4]». Si la Confrérie en a pris le leadership idéologique, l’islamisme, comme tout totalitarisme de type rhizomique, n’est cependant pas un mouvement centralisé. 

Avec des chefs locaux tyranniques dans leurs fiefs respectifs, et des liens entre différentes entités plus ou moins autonomes à travers la planète, l’islamisme est polymorphe, usant tout autant de la violence la plus extrême, de la posture victimaire, et de la dissimulation le plus sournoise dans ses méthodes d’infiltration et d’influence. Il s’articule par ailleurs, conjoncturellement à d’autres dynamiques totalitaires, étatiques et sociétales, sa fin justifiant tous les moyens. C’est ainsi qu’il prend l’ascendant sur les sociétés et les États en leur imposant des modes de vie et des tabous dont le respect garantit une certaine sécurité, la veule jouissance de la soumission et le réconfort du conformisme, de la conviction d’appartenance au camp du Bien. 

Cette complexité perverse des totalitarismes du troisième type se révèle aussi tout particulièrement dans l’idéologie néo-féministe qui fait régner un nouvel ordre moral impérieux dans les rapports de sexes, en convergence et souvent en complicité d’ailleurs, avec celui imposé par l’islamisme. En dépit de, ou grâce à son caractère particulièrement diffus, cet autre totalitarisme rhizomique, est bien à l’œuvre, de façon pernicieuse, en Europe et aux Amériques (au nord comme au sud du continent). Entée sur le mouvement polymorphe wokiste[5], lui-même de nature totalitaire, ce prétendu féminisme a gagné toutes les strates de la société y compris les secteurs qui remettent en cause le wokisme. En témoigne de façon en apparence anodine, comme un effet de surface, mais en fait révélateur d’une imprégnation des esprits en profondeur, l’usage « moralement » imposé dans la sphère publique comme dans la conversation privée, du « celles et ceux », de la féminisation systématique des noms de métiers et de fonctions, et jusqu’à l’écriture inclusive quasiment unanimement employée dans les universités en dépit d’une instruction contraire de l’autorité de tutelle. 

Le féminicisme contre le féminisme

Hormis quelques féministes « historiques » du MLF des années 1970 qui y résistent encore, l’ensemble de la classe politique, intellectuelle et médiatique s’est en effet soumis au credo victimiste des néo-féministes. Issue d’un courant œuvrant à l’origine, en parasite, dans les marges du mouvement féministe égalitaire et libertaire[6] mais jouant déjà sur la mainmise institutionnelle[7], cette idéologie s’est construite sur la croyance d’une libido spécifiquement féminine située à un stade génital post-phallique, de type oral-vaginal, opposée à la sexualité masculine génitale phallique-anale[8]. Cette (pseudo)théorie induisait l’idée d’une hétérogénéité foncière des sexes, voire d’une guerre des sexes indépassable.

Le néo-féminisme que l’on qualifiera de « féminicisme » plutôt que de féminisme, instille ainsi la conviction d’une prétendue supériorité de l’âme des femmes et leur attribuent une moralité absolue. De proche en proche, d’idées fallacieuses en raisonnements spécieux, et faisant fond sur le victimisme instillé à la fois par l’islamisme et les idéologies wokistes, les féminicistes d’aujourd’hui ont transformé le slogan « Victimes on vous croit » qui fait des accusés, des coupables par principe, et des plaignants, des victimes a priori avérées, en « Femme on vous croit », tout aussi absurde et liberticide. 

Devenu un impératif politico-moral à vocation performative, cet acte de foi va en effet jusqu’à distordre le droit, en y introduisant des concepts appauvris de leur complexité, comme l’amnésie traumatique et l’emprise, pour supprimer les principes essentiels dans un État de droit, de la prescriptibilité et de la présomption d’innocence.  L’hypostasie de la notion de « consentement » aboutit alors in fine à la négation de sa possibilité-même, car dans le fond, « le consentement à la sexualité » de la part des femmes ne peut être que « le résultat de la domination sexiste, il ne peut donc pas exprimer la véritable liberté.[9] » Ainsi, « le droit pénal dans le champ des infractions sexuelles, [s’est trouvé] modifié en France à une allure record à la suite de quelques retentissantes affaires[10] ». Et « les dégâts sont considérables pour les accusés médiatiquement coupables d’office[11] » dans ces procès, comme celui de Christophe Ruggia mis en cause par Adèle Haenel.

Rodé dans des campagnes pour « l’abolition » de la prostitution en Europe, ce militantisme conduit ainsi à renier la culture occidentale libérale de la non séparation des espaces assignés traditionnellement aux hommes et aux femmes et tout particulièrement la culture française issue de la philosophie du libertinage[12].Et en promouvant la répression des hommes et de leurs « bas instincts » comme seul moyen pour protéger les femmes, le féminicisme rejoint les défenseurs les plus réactionnaires de la distinction des rôles genrés et de la séparation des sexes. Les féminicistes peuvent alors bien logiquement considérer que le voile imposé par les islamistes est une protection nécessaire des femmes contre la concupiscence des hommes.

Refusant de prendre en compte la réduction incontestable en Occident depuis plusieurs décennies, des inégalités entre les sexes, ces étranges féministes prônent en effet au contraire la prégnance d’une prétendue « culture du viol ». Attribuant un caractère « systémique » à la prédation des femmes (de toutes les femmes) par (tous) les hommes, les transformations historiques sont considérées comme impossibles et donc niées, tout comme les différences entre les cultures et les civilisations. 

Comme dans le wokisme et l’islamisme, le temps féminiciste est immobile puisque foncièrement martyrologique[13]. Pourtant, bien que la culture du viol relève du patriarcat – quasi universel dans les sociétés humaines traditionnelles – les néo-féministes en accusent principalement voire exclusivement les sociétés occidentales modernes, conformément à l’occidentalisme[14] prêché aussi bien par le wokisme décolonial que l’islamisme.  Le « mâle blanc dominant » serait a priori systémiquement violeur, harceleur et usager – forcément violent – de prostituées, toute approche d’une femme par un homme (regard, parole, geste) contenant un germe plus ou moins abouti de viol. 

Car le féminicisme n’est pas à une contradiction près. Ainsi, l’embrouillamini du « genre » qui à la fois coalise et oppose féminicistes et transgenristes. Avec la notion confuse de « gender » élaborée et diffusée notamment par Judith Butler[15], le genre permet de nier la réalité matérielle de la différenciation sexuée en en faisant un simple « récit » pour la domination. Le sexe ainsi escamoté, le transgenrisme consomme ce que des mystiques pourraient considérer comme la victoire « de l’esprit sur le corps » et qui n’est que l’assomption d’un délire collectif substituant un discours à la réalité matérielle. Avec la disparition du sexe, le viol peut en effet se résumer à un regard du « genre masculin » sur le « genre féminin ». Mais alors c’est tout le « messianisme génésique » qui s’effondre, cette vision irénique assurant que grâce à l’avènement de « l’âge des femmes », l’égocentrisme et l’envie (de la culture viriliste) seraient remplacés par la générosité et la gratitude (prétendument typiquement « féminine »)[16]. Par ailleurs, le transgenrisme vient nier le changement de sexe des transsexuels hommes et femmes, qui se retrouvent fustigés de tout côté. Mais qu’importe ces contradictions, puisque c’est l’émotion qui est sollicitée et non la raison pour mobiliser les foules fanatisées par le totalitarisme.

Le nœud de la terreur et du conformisme 

Le sexe, sa maîtrise comme sa libération sont choses éminemment politiques. Tout totalitarisme se fonde sur la répression et la frustration sexuelle. Toute religion se soutient de la répression et de la frustration sexuelle, et de l’oppression majeure des femmes. Les pays régis par la charia ont ainsi leur police des mœurs, tout comme « les territoires perdus de la République[17] » où les islamistes font régner leur loi. Dans le cas de l’islam djihadiste guerrier, la conjonction du totalitarisme et de la référence religieuse, atteint ainsi son summum comme en témoigne la théologie du viol[18], mise en application par Daech. La frustration sexuelle est régulée par la soupape de l’esclavage sexuel et du viol des femmes dans une structure propre à hystériser au maximum les combattants par la conjonction du bien et du mal : la prière et l’acte sexuel.

Mais les « religions séculières[19] » contemporaines desquelles participent le féminicisme, fonctionnent, elles aussi sur les mêmes ressorts à la fois castrateurs, martyrologiques et revanchards[20]. « L’affaire Pelicot » avec la sanctification de la « femme-victime-a-priori » à travers l’exhibition de son calvaire et de sa résilience miraculeuse, comme la condamnation sans appel (au sens propre du terme[21]) de tous ces diables « d’hommes-violeurs-par-essence », ne relèverait-elle pas du rituel de la nouvelle religion séculière féminiciste ? et l’unanimisme juridico-politico-médiatique international[22], d’un certain acte de foi plus ou moins sincère ?

De même que la répression sexuelle en terre d’islam marche du même pas que celle des délits de libre expression et surtout de liberté de conscience, autour de la figure du justicier woke et tout particulièrement de la justicière féminiciste, s’organise le totalitarisme de la censure moralisatrice qui fait taire les anticonformistes et les libres-penseurs, et tout simplement ceux qui ne s’alignent pas totalement sur les positions politiquement correctes. Les justiciers s’assignent la mission de venger les « victimes » en dénonçant, brutalisant, poursuivant dans les médias et dans les prétoires, les élites prétendument corrompues, perverses et licencieuses et tout particulièrement les mâles blancs, même si des hommes « racisés[23] » peuvent à l’occasion être pris dans les filets (comme ce fût le cas dans le procès de Mazan) mais c’est alors pour la bonne cause supérieure du « tous violeurs », d’autant plus si ces pauvres bougres ont été les jouets d’un mâle blanc Alpha (Dominique Pelicot en l’occurrence). 

Avec « la culture du viol », c’est la sexualité hétérosexuelle dans son ensemble qui est stigmatisée, et les hommes étant réduits à leur sexualité coupable, c’est le sexe tout entier qui est dévalorisé, voire réprouvé totalement, comme le signalent les récentes enquêtes sur la sexualité des jeunes notamment[24]». Radicalité et conformisme vont ainsi de pair dans le féminicisme, comme dans tout totalitarisme. « C’est la terreur qui détruit toute opposition politique et idéologique, qui atomise la société, qui contraint chacun (…) à participer “avec enthousiasme” aux grandes mobilisations fédératrices[25] ». Tout un chacun doit suivre le rappel à l’ordre et entrer dans le rang. La mise au pas, la « mise en conformité » (Gleichschaltung disait-on sous le nazisme) est à nouveau partout à l’ordre du jour. Il s’agit donc de manifester sans relâche son adhésion à la cause. « Toutes-et-tous » doivent soutenir les victimes que sont les femmes et fustiger les coupables que sont les hommes, « toutes » doivent dénoncer les crimes dont elles sont victimes, « tous » doivent s’autoflageller et « toutes-et-tous » doivent donner dans la surenchère. 

Mais la répression et l’épuration ne s’exercent pas seulement à l’égard des opposants. La dynamique dans laquelle « réside l’essence du phénomène[26] » totalitaire est autophage. Lénine, qui avait choisi pour épigraphe de son opuscule-programme Que faire ?, « le parti se renforce en s’épurant », l’avait mis en pratique dès 1918 contre ses alliés d’hier, les socialistes révolutionnaires puis les anarchistes de Kronstadt, avant que Staline poursuive consciencieusement la tâche à grande échelle. On garde également en mémoire vive « la nuit des longs couteaux », lorsque en 1934 Hitler élimina ses anciens amis de la SA et d’autres personnalités susceptibles d’entraver son autocratie. Moins connues, la liquidation des participants démocrates à la lutte contre Batista et de certains guérilléros de la première heure, par Ernesto Guevara, ou l’épuration du Parti Colorado par Alfredo Stroessner à la fin des années 1950, n’en sont pas moins symptomatiques. 

On peut alors de nos jours, retrouver la marque de ce caractère totalitaire dans les assassinats fratricides au sein de la mouvance islamiste, en Syrie et en Irak notamment. Et bien que moins physiquement meurtrier, le processus d’élimination par la silenciation[27] et l’éviction institutionnelle, des plus « mous » au sein de la nébuleuse wokiste constitue également un indice du caractère totalitaire du mouvement duquel participe le féminicisme. 

Le conflit entre certaines féminicistes qui se revendiquent du « femellisme[28] » notamment et les militants transgenres, est aussi âpres que celui qui opposent les différentes factions léninistes entre elles (communiste orthodoxes, trotskistes, maoïstes, guévaristes…).  

Mais les totalitarismes réclament avant tout que le plus grand nombre se mobilise pour également l’impliquer dans la responsabilité solidaire de leurs crimes. Il s’agit d’adhérer sans réserve non seulement à la doxa, mais aussi aux méfaits du totalitarisme, qu’ils soient criminels ou symboliques, dont la culpabilité partagée soude plus sûrement encore que les convictions et la participation aux manifestations de masse. Aussi la Wehrmacht jusqu’aux agent de la police de réserve allemande (« Le 101e bataillon[29] ») a-t-elle été gravement impliquée dans la Shoah par balles. Rester solidaire des « camarades », ne pas rester seul, faire groupe, se sentir protégé et conforté dans un choix qui consiste à ne plus choisir par soi-même, quitte à faire le mal mais pour un Bien supérieur. Voilà le confort recherché par le conformiste totalitaire, comme l’avait bien montré Bernardo Bertolucci Dans son film inspiré du roman d’Alberto Moravia, Le conformiste [30]

Les raisons pour lesquelles on devient fasciste en Italie entre les deux guerres, sont les mêmes pour les autres totalitarismes : pour échapper à l’intolérable sentiment d’être différent des autres et de s’en sentir coupable. C’est ainsi que se constitue le « labyrinthe de la double-pensée », caractéristique des systèmes totalitaires : « Connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, émettre des mensonges soigneusement agencés.[31]» C’est ainsi qu’explose la violence contre le prochain pour en effacer la proximité et se punir soi-même, comme cet ancien étudiant joué par Jean-Louis Trintignant, qui va assassiner aussi brutalement que sournoisement, son ancien professeur vénéré et sa compagne avec laquelle il a eu une relation adultère passionnée. Et puis, lorsque le fascisme s’écroule, l’ancien fasciste désorienté, comme l’ancien tortionnaire d’Yves Montant-Arthur London dans l’Aveu de Costas Gavras[32], se demande comment il a bien pu tomber dans cette folie totalitaire.

Renée Fregosi

Philosophe et politologue, présidente du CECIEC. Dernier ouvrage paru : Le Sud global à la dérive. Entre décolonialisme et antisémitisme (Intervalles, 2025) 


[1] Selon l’expression de Robert Conquest : Le Féroce XXe siècle. Réflexions sur les ravages des idéologies. Éditions des Syrtes 2001.

[2] Voir Renée Fregosi, « Un nouveau totalitarisme », revue Commentaire N°193 mars 2026.

[3] Comme le souligne Marcel Gauchet, « le point décisif des dimensions de totalité, d’unité, d’identité sont de l’ordre d’une visée et non de l’ordre d’une réalité. Une visée, faut-il encore préciser, impossible à atteindre. » À l’épreuve des totalitarismes. 1914-1974 (p.522) Éditions Gallimard 2010.

[4] Mohamed Louizi, Libérer l’islam de l’islamisme, (p.9) en ligne sur le site de la Fondapol, 24 janvier 2018.

[5] Autodénommés du mot argotique américain « Woke », les militants « éveillés » dénoncent sans relâche ce qu’ils considèrent comme des discriminations, des humiliations, des offenses, des « micro-agressions » subies par diverses minorités de la part des Blancs, des hommes, des hétérosexuels, des « dominants » en général (Voir notamment Emmanuelle Hénin, Xavier-Laurent Salvador et Pierre Vermeren, Face à l’obscurantisme woke, Éditions des PUF, 2025).

[6] Le MLF, bien que mêlant des courants féministes et politiques de natures diverses, en se revendiquant héritier des Suffragettes, était un mouvement qui revendiquait l’égalité entre les sexes dans tous les domaines (salarial, familial, domestique, sexuel) et luttait contre les stéréotypes de genre qui séparaient les sexes en fonctions de représentations  traditionnelles : faiblesse, sensibilité, corporalité du côté du « féminin », versus force, brutalité, intellectualité du côté du « masculin ».

[7] Le groupe « Psychanalyse et Politique » dirigé par Antoinette Fouque a capté le sigle MLF en déposant l’appellation et grâce à un financement providentiel conséquent a créé les Éditions des Femmes et la Librairie des Femmes qui contribuèrent à l’institutionnalisation de la vison « féministe » très particulière de sa fondatrice. 

[8] Voir Antoinette Fouque, Il y a deux sexes : essais de féminologie. 1989 – 1995. Éditions Gallimard/Le Débat, 1995. 

[9] Marcela Iacub, Une société de violeurs ? (p.105) Éditions Fayard, 2012.

[10] Sabine Prokhoris, « #MeToo : prenons garde aux Sirènes », site en ligne Mezetulle, 16 septembre 2022.

[11] Sabine Prokhoris, Le mirage #MeToo (p.75) Éditions du Cherche Midi, 2021. 

[12] Voir Renée Fregosi, Français encore un effort… pour rester laïques ! Éditions L’Harmattan, 2019.

[13] Dans la religion chrétienne comme dans l’islam, le martyr ne relève pas de l’Histoire mais de l’éternité : ses souffrances temporelles historiques passées sont transmutées dans une autre dimension, témoignant à jamais de la vérité du dogme et de la force de la foi. En révérence au martyr, la flagellation manifeste à la fois l’adhésion à la vraie foi et le rejet du diable tentateur. Dans les totalitarismes en rhizome, le martyre des victimes-nées est sans fin.

[14] Symétrique inversée de l’orientalisme qui parait de toutes les vertus un Orient fantasmé, le courant occidentaliste accuse l’Occident de tous les maux de la terre.

[15] Voir notamment Sabine Prokhoris, Au bon plaisir des « docteurs graves », PUF 2016.

[16] Selon l’analyse de Liliane Kandel, « Un messianisme génésique ? », Le Monde, 8 avril 2004

[17] Voir notamment l’article de Barbara Lefèbvre, « Des barbarismes à la barbarie », Le Monde, 7 mars 2006 repris dans Emmanuel Brenner, préface de Georges Bensoussan, Les territoires perdus de la République, Éditions Pluriel 2017, pp. 211-214.

[18] Voir Rukmini Callimachi, « L’“État islamique” et la théologie du viol : l’enquête édifiante du New York Times», RTBF 17 août 2015.

[19] C’est ainsi que Raymond Aron qualifiait le communisme, parmi « les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains, la place de la foi évanouie ». L’âge des empires et l’avenir de la France, Paris, Défense de la France, 1945, p. 288.

[20] Voir Renée Fregosi, « Flagellation et martyrologie : l’idéologie décoloniale, nouvelle religion séculière », La Revue des deux Mondes, 2 avril 2021.

[21] La condamnation a été augmentée en cour d’appel pour le seul téméraire à avoir osé y recourir.

[22] Voir Sabine Prokhoris, « L’avènement d’une icône mondialisée : questions sur un phénomène médiatico-politique », site en ligne Medium, 23 septembre 2025.

[23] Ce néologisme définit une personne en fonction de sa couleur de peau, tout en affirmant que la race est une construction et non un donné objectif comme la couleur de la peau, et considérant que les « blancs » sont nécessairement racistes et ne peuvent être à leur tour l’objet de racisme. L’adjectif « racisé-e » désormais intégré dans le dictionnaire Robert (!) se définit comme se référant à une « personne touchée par le racisme, la discrimination ». Il est précisé que l’on peut parler de « Populations racisées ». Les non-racisés, c’est-à-dire les « blancs » bénéficieraient donc de fait d’un privilège.

[24] Renée Fregosi, « « Récession sexuelle » ou régression moralisatrice ? », site en ligne Telos, 3 février 2025

[25] Stéphane Courtois, « Volonté de puissance et terreur » (p.170) Le Débat, 2011/5, no 176.

[26] Marcel Gauchet, À l’épreuve des totalitarismes. 1914-1974 (p.293) Éditions Gallimard 2010.

[27] Le processus de silenciation quant à lui, consiste à ignorer, à refuser absolument de nommer, même pour dire « ceci n’existe pas ». La silenciation est une des dimensions de « l’annulation » propre à la « cancel culture » : on fait en sorte que celui qui est considéré comme l’ennemi soit privé de parole, d’image, de présence publique et on y participe en ne parlant plus de lui, en ne le nommant plus. Cette invisibilisation est une annihilation symbolique.

[28] Voir par exemple Dora Moutot et Marguerite Stern, Transmania. Enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre. Édition Magnus, 2024.

[29] Dont Christopher Browning décrit les crimes dans son ouvrage Des hommes ordinaires, Éditions Texto, 2005.

[30] Voir (et revoir) Bernardo Bertolucci, Il Conformista, film du réalisateur italien sorti en 1970.

[31] George Orwell, 1984, Gallimard, Folio 1972, p.55.

[32] A la fin de son film l’Aveu, adapté du livre du même nom d’Arthur London, communiste tchécoslovaque condamné lors des procès staliniens de Prague en 1952, Costas Gavras fait se rencontrer par hasard dans la rue, le héros et celui qui mena ses « interrogatoires » couplés aux tortures : ce dernier va vers son ancien prisonnier et lui dit « mais que nous est-il arrivé ? » comme s’il sortait d’un cauchemar rêvé à deux.